
Une fleur de CBD est la sommité florale d'un plant de chanvre femelle, récoltée, séchée puis manucurée. Le terme désigne dans le commerce une fleur issue de variétés sélectionnées pour produire beaucoup de cannabidiol et très peu de THC, dans la limite réglementaire de 0,3 %.
Le chanvre s'exploite entièrement, la tige pour la fibre, la graine pour l'huile alimentaire. La fleur, elle, concentre les substances actives.
La surface de la fleur est couverte de trichomes, de minuscules glandes translucides en forme de champignon qui donnent aux têtes leur aspect givré. C'est à l'intérieur de ces glandes que la plante fabrique les cannabinoïdes et les terpènes. Une fleur riche en trichomes visibles à l'œil nu est donc, en général, une fleur riche en principes actifs.
Seuls les plants femelles non fécondés produisent des sommités denses et résineuses. C'est pourquoi les cultures sont débarrassées des plants mâles, et pourquoi la présence de graines dans un sachet est considérée comme un défaut.
Le cannabidiol domine largement, avec des taux annoncés allant couramment de 5 à 20 % selon les variétés et les lots. Il n'est pas psychotrope et ne provoque aucun effet planant.
Le tétrahydrocannabinol est présent à l'état de traces. C'est lui qui fait l'objet du contrôle réglementaire, et sa concentration doit rester sous 0,3 % dans le produit fini. Cette quantité est trop faible pour produire un effet euphorisant, mais suffisante pour apparaître dans un test salivaire.
D'autres molécules de la même famille accompagnent le CBD en plus petite quantité, notamment le cannabigérol, souvent présenté comme la molécule mère dont dérivent les autres, et le cannabinol, qui apparaît avec le vieillissement de la fleur.
Les terpènes sont les composés volatils qui donnent à chaque variété son odeur. Ce ne sont pas des molécules propres au chanvre, puisque le limonène se trouve dans les agrumes, le pinène dans les conifères, le linalol dans la lavande, le myrcène dans la mangue et le houblon.
L'intérêt des terpènes dépasse le plaisir olfactif. L'hypothèse dite de l'effet d'entourage suppose que cannabinoïdes et terpènes agissent ensemble, et que le ressenti d'une fleur complète diffère de celui du CBD isolé. Cette hypothèse est plausible et souvent invoquée par les vendeurs, mais elle reste insuffisamment démontrée pour être présentée comme un fait.
Une conséquence pratique en découle, une fleur qui ne sent presque rien a probablement perdu ses terpènes, par excès de chaleur, de lumière ou simplement d'âge.
La culture en intérieur, dite indoor, se fait sous éclairage artificiel avec un contrôle complet de la température, de l'hygrométrie et du cycle lumineux. Elle donne des fleurs denses, très aromatiques et visuellement soignées, et c'est la plus coûteuse.
La culture sous serre, dite greenhouse, combine lumière naturelle et appoint artificiel. Le résultat se situe entre les deux autres méthodes, pour un prix intermédiaire, et c'est souvent le meilleur rapport entre qualité et coût.
La culture en plein champ, dite outdoor, suit les saisons et ne permet qu'une récolte par an. Les fleurs sont plus lâches, moins régulières, parfois moins parfumées, mais le procédé consomme peu d'énergie et les prix sont nettement plus bas.
Aucune méthode n'est intrinsèquement supérieure. Une fleur outdoor bien menée et correctement séchée vaut mieux qu'une fleur indoor bâclée, et l'étiquette ne remplace pas l'examen du produit.
Le vocabulaire commercial reprend celui du cannabis, avec une distinction entre profils dits sativa, indica et hybrides. Cette classification est botaniquement discutable et s'utilise surtout comme raccourci commercial, les variétés vendues étant presque toutes des hybrides.
Les profils annoncés sativa sont présentés comme plus vifs, avec des notes fruitées ou citronnées, et plutôt orientés vers un usage de journée. Les profils indica sont décrits comme plus lourds, terreux ou épicés, associés à la soirée. Ces descriptions relèvent davantage du profil terpénique et de l'attente du consommateur que d'une différence objective mesurée.
Parmi les variétés que l'on croise le plus souvent en boutique figurent Amnesia, à l'arôme citronné marqué, Orange Bud aux notes d'agrumes sucrées, Lemon Haze proche de l'écorce de citron, Gorilla Glue plus résineuse et terreuse, Purple Haze reconnaissable à ses nuances violettes, ou encore Critical et Gelato. Les mêmes noms recouvrent des produits très différents d'un vendeur à l'autre, faute d'appellation protégée.
Le nom de variété est donc une indication d'arôme, pas une garantie de qualité ni de composition. Les deux seuls repères fiables restent le certificat d'analyse du lot et l'examen de la fleur elle-même.